
Jacques Delors Obseques – Jacques Delors, figure de la construction européenne disparu mercredi à l’âge de 98 ans, présidera “une cérémonie d’hommage national” par le président Emmanuel Macron le 5 janvier aux Invalides, selon un communiqué de l’Élysée. ce vendredi dernier, corroboré par France Inter.
Un “inépuisable artisan de notre Europe” avait été salué par le chef de l’Etat à l’annonce de son arrestation. En plus d’être la force imparable de la construction européenne, le père de l’euro et une lueur d’espoir pour la gauche française lors de la campagne présidentielle de 1995, Jacques Delors avait également été ministre de l’Économie de François Mitterrand lorsque la rigueur tournait. L’Europe perd un artisan infatigable et la France perd une figure fidèle de la scène politique depuis quarante ans avec la mort de Jacques Delors.
Son parcours politique est un équilibriste quotidien entre le spectacle de l’hôtellerie parlementaire parisienne et les paysages rocailleux du Massif Central, où vivaient ses grands-parents païens et où sa famille passa quelques années fuyant l’exode. Dans cette terre aussi riche en grands personnages qu’en pâturages, il trouve un pragmatisme bien ancré, une morale du travail et du respect de la valeur de chaque objet, un sens du devoir et de l’équité, et le roc des principes chrétiens qui ne seront pas secoué.
Après des études de droit et d’économie politique, il débute sa carrière à la Banque de France, où son sens des responsabilités sociales l’amène à s’engager dans le syndicalisme. Engagé au sein du prédécesseur de la CFDT, il la pousse vers un socialisme plus démocratique et tente de la déprofessionnaliser. Ses compétences en médiation et en négociation lui ont été très utiles dès ses débuts au sein du parti socialiste.
Aux côtés du Premier ministre Jacques Chaban-Delmas, il pose les bases de son projet de « société nouvelle ». De 1969 à 1974, il est secrétaire général du premier ministre chargé de la formation et de l’avancement professionnel et social, période durant laquelle il rédige plusieurs documents importants, dont les contrats de progression, et est l’un des instigateurs de la loi de 1971 instituant la formation professionnelle continue.
De 1981 à 1984, il travaille aux côtés de François Mitterrand comme ministre de l’économie, des finances et du budget et sera un fidèle compagnon de Mitterrand dans sa candidature à l’Élysée. Stricte et intransigeante, tels étaient les principes directeurs de sa politique budgétaire de rupture, définie par la lutte contre l’inflation et pour l’équilibre monétaire.
Sa vie est indissociable de l’épopée européenne. Jacques Delors, maire de Clichy-la Garenne en 1985, est nommé président de la Commission européenne en 1985. Cela fait suite à son premier mandat de législateur européen de 1979 à 1981, au cours duquel il a présidé les archanes financières de la Communauté. Tout au long de son long mandat de dix ans, Delors a englouti la vie européenne, des accords de Schengen à ceux de Maastricht, de l’intégration du Portugal et de l’Espagne à l’accueil des Allemands de l’Est lors de la chute du rideau de fer.
Il œuvre sans relâche à l’unification, à l’instauration du libre-échange des capitaux, des biens et des personnes, à la réforme de la politique agricole commune, à la lutte contre la réticence et la frivolité à donner naissance à l’euro, guidé par une vision humaniste de la liberté et de l’échange transcendant les particularités nationales. La fierté de sa dignité humaine ne sera jamais compromise par ce petit-fils d’agriculteurs et d’employé de banque, qui ne doit son ascension au pouvoir qu’à son talent.
Favorisé par les sondages lors de l’élection présidentielle française de 1995, il a refusé d’assumer un rôle dans lequel il estimait ne pas pouvoir s’engager pleinement en raison du manque de soutien politique à ses initiatives de réforme. Dans son humilité, il ne reconnaissait que le rôle de pédagogue. L’un des initiateurs du projet Erasmus, l’ancien professeur de management de Dauphine reste passionné par les questions de transmission et d’éducation.
« Ma vie n’a pas de raison si je suis utile », il dévore. Il voulait rester pour toujours un rebelle face aux dysfonctionnements de l’ordre établi, aux inégalités systémiques, à l’accoutumance et à l’autosatisfaction. Son principe était clair : il ne se contenterait jamais de ce qu’il avait déjà accompli. Cette résolution n’a pas été ébranlée par le temps : il y a quarante-cinq ans, Jacques Delors travaillait encore au sein du groupe de réflexion de l’Union européenne qui porte son nom.
Le Président de la République et son épouse saluent l’œuvre d’un architecte de France et de l’Europe moderne qui mariait les trois couleurs et les douze étoiles. Ils partagent la tristesse de son entourage et adressent leurs condoléances sincères à eux.
Nous sommes invités à marcher sur ses traces vers une Europe souveraine et fraternelle, résolument tournée vers l’avenir par son héritage plus vivant que jamais. L’ancien élu Jacques Delors, décédé mercredi 27 décembre, a vécu une période difficile le temps de se remettre de la mort de sa femme. En juin 2020, elle est décédée. Après le décès de son épouse, l’ancien président de la Commission européenne pouvait compter sur sa fille Martine Aubry…
Avant ses obsèques, Jacques Delors n’avait pas voulu rendre public son décès car il était trop affecté par la perte de son épouse. Un œil vigilant sur la carrière du haut fonctionnaire a toujours été maintenu par l’ancien président de la Commission européenne, proche de sa fille.
Une tombe cachée et une relique ancienne
Après l’enterrement de sa mère, Martine Aubry a mené sa campagne à l’église de Fontaine-la-Gaillarde dans le plus grand secret et la plus grande proximité : « Sur le marché de Wazemmes, deux jours après sa mort, on me posait des questions sur maman, et je ne pouvais pas dire un mot”, a confié l’ancien ministre du Travail à Paris Match. Il y a trente ans, Martine Aubry devait faire face à la mort de son frère. Jean Paul Delors est décédé en 1982 d’une leucémie.
Un événement tragique pour Martine Aubry qui lui cause rarement ce genre de blessure. “Une épreuve pareille, ça donne le sens des priorités”, avait-elle confié en particulier il y a plusieurs années. Jacques Delors était bien plus qu’un simple roadie de la CFDT. Il est resté fidèle à la CFDT et ardent militant de ses valeurs sociales et humanistes tout au long de son incroyable parcours de vie, fait d’engagements et de convictions.
Membre de notre organisation depuis 1945, il fut un artisan précieux de la fondation de la CFDT par sa participation aux travaux et à la réflexion de la revue Reconstruction. Ainsi, il s’oriente vers la déprofessionnalisation du syndicalisme chrétien et vers une perspective social-démocrate qui fait du discours social la pierre angulaire de l’activité socialiste.
Sa carrière politique débute à la fin des années 1970, lorsqu’il est élu député au Parlement européen. De 1981 à 1985, il a été ministre puis président de la Commission européenne, poste qu’il a occupé pendant trois mandats se terminant en janvier 1995.
Lors de son premier congrès à Paris après la chute du mur de Berlin, la CFDT adopte son « Manifeste pour l’Europe » en 1992. Dans ce contexte, Jacques Delors accepte de s’adresser aux parlementaires. Aujourd’hui encore, ses paroles restent gravées dans nos esprits : « La France apporte à l’Europe sa propre personnalité, ses acquis, ses qualités, et bien entendu aussi ses faiblesses, Jacques Delors et la CFDT estiment que l’Europe doit servir d’exemple de synthèse réussie entre progrès social et avancées économiques, un choix entre aspiration sociale et solidarité, au bénéfice de ses citoyens.
La CFDT salue le parcours militant de Jacques Delors, sa participation citoyenne sans faille et sa détermination à transformer l’Europe en un espace de conversation, de paix et de solidarité. La mort de Jacques Delors. Quand et quelles chaînes peuvent-nous voir le programme national d’hommage ?
Les chaînes de télévision vont transformer leur programme pour proposer des éditions spéciales en vue de l’hommage national qui sera en faveur de Jacques Delors, ex-ministre et président de la Commission européenne, qui est décédé le 27 décembre dernier.Jacques Delors est décédé le dernier Mercredi 27 décembre, à l’âge de 98 ans. On se souviendra de l’ancien ministre et président de la Commission européenne par un hommage national. Cette cérémonie sera présidée par Emmanuel Macron.
En l’honneur de cet hommage national qui se tiendra aux Invalides, les chaînes de télévision sauteront une émission. France Télévisions diffusera demain, vendredi 5 janvier 2024, un numéro spécial animé par Julian Bugier. A 9h25 sur France 2, sera rediffusé le documentaire “Jacques Delors, itinéraire d’un Européen” de Cécile Amar, rendant hommage à le regretté gauchiste français, ancien président de la Commission
Dès 10h sur France 2 et Franceinfo (chaîne 27), Julian Bugier commentera en direct la cérémonie aux côtés de Nathalie Saint-Cricq, rédactrice politique à France Télévisions, et François Beaudonnet, rédacteur en chef Europe de France Télévisions.
Les accompagneront sur le plateau les journalistes Cécile Amar et Michèle Cotta ainsi que l’historien Jean Garrigues, expert en histoire politique, et l’écrivain Serge Raffy. A noter que les téléspectateurs de France 2 pourront regarder leur match quotidien, Tout le monde veut prendre sa place, présenté par Jarry, à midi.
