
Corinne Herrmann Mari – Née en République du Congo en 1962, Corinne Herrmann a travaillé comme décoratrice avant de devenir avocate en 2001. Elle a quitté un autre cabinet à la fin des années 1990 pour créer le sien.
Le sujet de l’autre côté avait déjà été abordé avec son premier mentor:
Pierre Gonzalez de Gaspard, lorsqu’elle défendait le meurtrier en série Pierre Chanal. En 2001. Ensemble, Herrmann et Seban ont d’abord traité de la fameuse affaire de meurtres en série des “disparus de l’Yonne”, dans laquelle impliquait Émile Louis, ancien chauffeur de bus. Ces facteurs ont joué un rôle important en le liant à sept homicides survenus entre les années 1970 et le début des années 2000.
Ils ont été embauchés pour des dizaines d’affaires, fréquemment rouvertes au forceps avec une nouvelle perspective, et le sujet des crimes oubliés ou négligés depuis longtemps est devenu leur spécialité. Loin de l’apathie accordée aux victimes en France, l’avocate associée Corinne Herrmann évolue vers un rôle d’analyse et de proposition.
Les législateurs ont tenu compte des principales suggestions du duo pour lutter contre les crimes en série en raison de leur expertise et du nombre d’affaires qu’ils ont résolues ou appréhendées, y compris l’affaire de 2003 liant Michel Fourniret à la disparition d’Estelle Mouzin. Professionnellement, les deux se séparent en 2022.
L’avocat aux cheveux longs est aux côtés des familles des victimes de cold cases depuis vingt ans. En dernier recours pour les familles qui se sont vu refuser l’accès à la justice, les criminels déterrent des « affaires non résolues » oubliées depuis longtemps, recherchent de nouvelles preuves et plaident pour la réouverture ou la préservation permanente de ces affaires.
Il faut leur redonner vie », m’a-t-elle dit, pour éviter la prescription au bout de dix ans. La plupart de ces cas impliquent des tueurs en série, dont les crimes sont notoirement difficiles à élucider car les auteurs et leurs victimes n’ont pratiquement jamais de lien de parenté.
En 1995, alors qu’elle travaille comme assistante au cabinet pénal parisien de son oncle Pierre Gonzalez de Gaspard, Corinne Herrmann rencontre le militaire Pierre Chanal, qui avait agressé les hommes de Mourmelon portés disparus, et Francis Heaulme, le “criminel routard” qui avait commis neuf crimes alors qu’il était en fuite.
En rédigeant sa première plainte pénale en avril 1996:
Elle le fait au nom des victimes et en échange de main d’œuvre gratuite pour le groupe des disparus de l’Yonne. On se moque d’elle malgré sa conviction qu’Émile Louis est un tueur en série responsable de l’enlèvement de sept filles de la DDASS.
Fin 2000, cet homme a été arrêté. Après cela, son oncle a prévu de confier à son fils la direction des médias. Après avoir été licenciée et dégoûtée, elle accompagne le président de l’association et la plupart des familles jusqu’au bureau huppé de Me Didier Seban, où se trouvent soixante-dix avocats.
Plusieurs familles sont attirées par le tandem, dont celles des victimes du tueur en série ardennais Michel Fourniret, Christelle Blétry (une des quatorze “disparues de l’A6”), Karine Leroy (dont la mère a été tuée en 1994 à Meaux), et, plus récemment, Luc-Richard Bloch (le frère de Cécile, assassiné en 1986 par Grêlé). Me Herrmann et Didier Seban traitent 54 dossiers et se réjouissent d’avoir contribué à résoudre quinze crimes.
C’est son rôle dans le spectacle. En 1995, elle s’est lancée dans le crime froid. Corinne Herrmann soutient ensuite son oncle, Pierre Gonzalez de Gaspard, avocat, dans la défense de Francis Heaulme, tueur en série. Mais au final, elle trouve plus logique d’aider les proches des victimes. Elle s’est associée à l’Association des Disparus de l’Yonne en 1996.
Les magistrats ont interrogé et finalement arrêté Émile Louis en 2000 après qu’elle ait déposé un dossier complet basé sur ses années d’enquête et ses efforts minutieux sur ces dossiers. Aujourd’hui, elle a prêté serment en tant qu’avocate, a rejoint le cabinet de Didier Seban et se bat toujours pour que les familles des victimes révèlent la vérité.
Elle sait désormais tout sur les individus disparus de l’Isère et de l’A6. Elle garde dans sa ligne de mire les hommes ayant des antécédents de crimes violents, juste au cas où ils ne feraient rien de bon ailleurs. Début 2021, elle était extrêmement occupée par les recherches liées à Michel Fourniret ; elle avait représenté les familles de Mouzin, Domèce et Logé avant sa mort, et elle continuait de suivre le parcours picard de Jacques Rançon.
Une planche Sempé, une sculpture égyptienne et des toiles modernes et vibrantes remplissent son espace de travail spacieux. Sa représentation plaidant devant Michel Fourniret et Monique Olivier dans des peintures de salle d’audience est le seul détail. Des cartes de routes, des rapports de disparitions pénibles et des photos de filles enlevées ou assassinées tapissent les murs de son bureau, situé au bout d’un couloir.
Malgré leurs différences, Didier Seban et Corinne Herrmann sont liés depuis 2001. Ils sont comme les deux moitiés d’une pièce : distinctes, complémentaires et liées dans leur quête de protection des oubliés et de solutions aux crimes insolubles. Ils s’unissent dans leur combat pour Estelle Mouzin, Christelle Blétry et les disparus isérois… Leur adversaire commun sera soit Michel Fourniret, soit Jacques Rançon.
Le duo est exceptionnel parmi les avocats. Travailler ensemble pendant une période prolongée est difficile pour la plupart des personnes dans ce domaine, car les ego font souvent obstacle aux amitiés et aux partenariats. La capacité à permettre à un collaborateur de devenir le visage d’une entreprise est aussi une qualité rare chez un leader.
Lors de notre enquête sur Ludovic Janvier il y a trois ans:
Elle nous avait fait savoir que le cas d’Estelle Mouzin, disparue en 2003 à Guermantes (Seine), avait été traité trop hâtivement par rapport au tueur en série Michel Fourniret. — dans la Marne. Même si elle représente le père d’Eric Mouzin depuis 2006, le tueur en série n’a pu passer aux aveux jusqu’à ce qu’une nouvelle juge d’instruction, Sabine Khéris, reprenne le dossier. Un triomphe obtenu après une longue lutte pour la révélation de la vérité.
Dans leur ouvrage commun, Nous, avocats des oubliés (JC Lattès et Didier Seban), les auteurs ne détaillent que : le travail clandestin, les magistrats insensibles, les familles courageuses et isolées, les failles scandaleuses de notre justice et la satisfaction passagère des résoudre une affaire vingt ou trente ans plus tard.
Parmi les observations déconcertantes de ce livre horrifiant, il y a le fait que les victimes en France sont encore fréquemment confrontées à une double peine. “Nous sommes victimes de l’auteur et nous sommes victimes de la justice”, dénonce Corinne Herrmann.
Bonjour Marie-Claire ! “Ma petite sœur a été enlevée quand j’avais quatorze ans…” Elle a été libérée par son ravisseur au bout de quelques heures. Ses cheveux courts et sa tenue vestimentaire lui avaient fait croire qu’elle s’intéressait aux petits garçons. Il a disparu. Les choses à la maison avaient changé. Notre famille a toujours raconté cette histoire. Notre unité était inébranlable. Malheureusement, nous ne sommes toujours pas entiers. Votre auto-promotion était au mieux minime…
Pour ce roman, cela m’a été un peu imposé, Corinne Herrmann. Beaucoup ont pris ma remarque précédente sur cet enlèvement comme une justification de mes actions. C’est pour cette raison que je peux sympathiser avec les victimes et leurs luttes, mais pour être efficace, je dois garder mes distances. Cela n’améliore pas ma capacité à identifier les escrocs. Entre cent et vingt meurtres par an en France restent irrésolus. Trouver les délinquants devrait être une priorité absolue…
Les criminels actuellement en liberté sont susceptibles de commettre de nouveaux crimes, et nous espérons que d’autres avocats travaillant sur ces affaires en tiendront compte. Il est acceptable de ne pas résoudre une affaire ; l’échec est inévitable car la résolution des crimes n’est pas une science précise.
Mais abandonner l’enquête et ne pas réussir à me convaincre que des méthodes alternatives de relecture pourraient m’aider à récupérer le fichier, cela me dépasse ! Lorsqu’il s’agit d’affaires impliquant des enfants.
Comment est-il possible que le système judiciaire déclare simplement : « un mineur a été tué, nous clôturons l’affaire » ? Les criminels actuellement en liberté sont susceptibles de commettre de nouveaux crimes, et nous espérons que d’autres avocats travaillant sur ces affaires en tiendront compte.
Pourquoi ne pas enquêter sur les antécédents criminels d’un criminel après son incarcération ?
Même si nous ne comprenons pas, c’est l’une de nos suggestions : après avoir trouvé un auteur, nous pouvons examiner son parcours professionnel. Ceci est illustré par le cas Nordhal Lelandais. Il est accusé d’attouchements sur des enfants et de deux meurtres distincts – une fille et un soldat – mais il est présumé innocent. Afin de rechercher d’autres situations, pourquoi ne pas combiner tous les fichiers ? Rien n’a été fait en termes de réconciliation.
Par exemple, dans le cas de Michel Fourniret, nous avons perturbé les projets de réorientation de tous après le procès de 2008 pour nous emparer des dossiers Joanna Parrish et Estelle Mouzin. De l’ADN frais avait été découvert. Comme Fourniret l’a reconnu, on s’y met enfin aujourd’hui. Mais pendant une décennie, nous les avons aidés à effacer subtilement les souvenirs de leur passage derrière les barreaux avec Monique Olivier.
Vous entrez dans le détail du processus d’analyse d’une scène de crime, même après vingt ans. Même si nous savons que cela repose sur l’expérience, nous ne pouvons nous empêcher de nous demander s’il s’agit également d’une sorte de prescience ou d’instinct.
Tout sur le lieu du crime est exposé. Non seulement la victime porte cette marque, mais le tueur aussi. Les images de la scène avec le corps qui ont été tournées à l’époque sont revues par moi avant de m’y rendre. Les photographies ne me procurent cependant pas d’effet tridimensionnel.
Je retrace les pas du meurtrier dans des lieux restés quasiment inchangés, comme une cave, un bois ou un champ. Prenons par exemple la question de savoir s’il était obligé ou non de transporter le cadavre parce que le véhicule n’aurait pas pu être conduit jusqu’à la lisière de la forêt. Si la quantité de éclaboussures de sang était minime, elles se produisaient sur le sol. Je demande des éclaircissements à des personnes bien informées.
Je retrace les pas du meurtrier dans des lieux restés quasiment inchangés, comme une cave, un bois ou un fchamp. Je me souviens très bien des détails de la scène du crime ; ce n’est pas de la prescience, mais plutôt une technique.
Pouvoir retracer les traces du tueur est crucial, en particulier dans les jours précédant les audiences. Le but de tout bon interrogatoire d’un criminel est de le ramener sur les lieux du crime tout en lui coupant toutes les voies de fuite. La justice utilise fréquemment des méthodes désuètes pour contrôler les phoques, même si l’on s’appuie sur des connaissances scientifiques.
