
Saidali Boina Hamissi – Franceinfo a appris mercredi 24 avril auprès du parti de Marine Le Pen que Saïdali Boina Hamissi, la responsable locale du Rassemblement national à Mayotte, avait été rayée de la liste de Jordan Bardella pour les élections européennes en raison de ses propos provocateurs tenus pendant la campagne.
Libération, un quotidien français, a dénoncé des articles « racistes et complotistes » sur sa page Facebook. Ses commentaires désobligeants sur les Comoriens vivant dans un quartier de Mamoudzou ont été repris dans l’un des posts mis en cause.
Interrogé sur les propos tenus par le vice-président du Rassemblement national Sébastien Chenu, qui le “choquent”, il a exprimé sa désapprobation, mercredi 24 avril, lors d’un entretien à franceinfo. Il a clairement indiqué que M.
Hamissi serait tenu pour responsable s’il osait s’exprimer ou sortir de la lettre de la loi. Le député du Nord ajoute : “Quand nous mettre les gens à cran, il ne faut pas s’étonner qu’une expression soit un peu verte.” Il fait référence à la situation à Mayotte et à la présence de migrants comoriens sur l’île.
Une autre publication sur Facebook de Saïdali Boina Hamissi fait le commentaire suivant : « la soumission d’une femme vient naturellement lorsqu’elle se sent aimée, protégée et valorisée par son mari ».
Des propos extrêmement graves et dangereux à l’égard des femmes” ont été dénoncés par la porte-parole du gouvernement Prisca Thévenot sur LCI. Poutine a également été qualifié de « visionnaire » par Saïdali Boina Hamissi en mars 2022.
Le Rassemblement national « surveillerait attentivement ses déclarations », a un peu souligné Sébastien Chenu sur franceinfo avant que le candidat ne soit rayé de la liste RN mercredi. Très bien alors.
Deux ministres se sont prononcés contre les publications en ligne du délégué mahorais du parti suite aux révélations de “Libération”. Le représentant figurera sur la liste européenne de Jordan Bardella, comme l’a indiqué Marine Le Pen lors de sa visite samedi à Mayotte.
Saïdali Boina Hamissi, un Mahorais que Libération a dénoncé pour avoir tenu des propos racistes et complotistes sur sa page Facebook, a été inscrit mardi 23 avril sur la liste du Rassemblement national (RN), très critiquée par deux ministres. Son adoration ouverte pour Vladimir Poutine et son « soutien déclaré à la polygamie » sont d’autres raisons pour lesquelles les ministres l’ont choisi.
Marine Le Pen, chef des députés du Rassemblement National:
L’a annoncé lors de sa visite à Mayotte : le représentant départemental du parti, âgé de 63 ans, rejoindra la liste que Jordan Bardella utilisera pour convoquer les élections européennes, “sans doute dans un Poste non éligible, sauf décision contraire des électeurs. » Samedi sur Outremer 1er, elle a annoncé que « pour la première fois historiquement, il y a un candidat mahorais qui entrera » sur une liste pour les élections européennes. C’est un signal envoyé à Mayotte.
Selon Marie Guévenoux, ministre déléguée aux Outre-mer, “comme d’habitude avec Marine Le Pen et le Rassemblement national, (…) ils ont des alliés dont ils ne peuvent pas être sûrs des choses qu’ils disent : ce monsieur a visiblement une admiration pour [Le président russe Vladimir] Poutine, il soutient la polygamie” (Radio Sud-France).
Sur LCI, Saïdali Boina Hamissi, qui “a participé aux théories du complot, a tenu des propos extrêmement graves et dangereux à l’encontre des femmes. Le profil Facebook du représentant du RN de Mayotte présentait des “contenus violemment racistes et complotistes”, ce que Libération a condamné lundi.
Des messages sur la soumission de la femme à son mari et ceux qualifiant les habitants comoriens d’une zone de Mamoudzou de “vermine” et de “cafards” figuraient parmi les messages épinglés par le journal. Outre les théories du complot, Saïdali Boina Hamissi a publié des refus de vaccination anti-Covid et fait l’éloge du dirigeant russe Vladimir Poutine tout en critiquant le soutien de la France à l’Ukraine, selon les informations de Libération.
Le Rassemblement national est un foyer d’humiliation. Mercredi 24 avril, les responsables du parti ont réitéré qu’ils prenaient toutes les questions en considération, quatre jours après la déclaration très médiatisée de Marine Le Pen selon laquelle leur délégué départemental mahorais, Saïdali Boina Hamissi.
Figurait sur la liste de Jordan Bardella pour les élections européennes de juin. Changer constamment de position après l’exposé par Libération des propos sexistes et complotistes de l’agresseur.
Sébastien Chenu rappelle rapidement à Saïdali Boina Hamissi que “c’est un monsieur qui était à la CGT” face à ses propos sur les migrants comoriens traités de “vermine” sur franceinfo. Le vice-président du RN affirme que le parti “examinerait attentivement les déclarations” du “candidat potentiel” mahorais, responsable, mais il ne mentionne pas l’enquête menée contre Libé ni les propos tenus ou transmis sur Facebook.
Juste « potentiellement » ? Saïdali Boina Hamissi serait “probablement en position d’inéligibilité, sauf décision contraire des électeurs”, a annoncé samedi Marine Le Pen dans Mayotte La 1è. Ces déclarations nous étaient totalement inconnues.” D’un autre côté, Libération exploite activement les réseaux sociaux à la recherche de contenus archivés.
Dans ces messages, l’oratrice fait allusion à une conspiration liée à la pandémie de coronavirus, chante les louanges de Vladimir Poutine, insulte des individus dans une situation inhabituelle et fait allusion à la « soumission de la femme » qui « vient naturellement lorsqu’elle se sent aimée, protégée et valorisée (sic) par son mari.” De quoi faire honte au parti lepéniste, qui redouble d’efforts pour diaboliser.
Le parti ignorait totalement ces déclarations”, affirme le député RN de la Somme Jean-Philippe Tanguy sur BFMTV. “On m’a dit qu’il serait probablement écarté si ses déclarations étaient vérifiées”, précise l’élu, affirmant ensuite qu’une enquête interne avait été ouverte. Si Saïdali Boina Hamissi était « probablement le mieux placé » comme élu local, « il existe plusieurs possibilités » pour choisir un autre candidat mahorais, selon Sébastien Chenu.
Il assure à Saïdali Boina Hamissi que ses propos l’ont “choqué”, mais le vice-président de l’Assemblée nationale du RN ne veut toujours pas l'”excuser”. Mais il nuance en soulignant le « contexte » mahorais particulièrement dégradé, dans un exercice d’équilibrisme précaire.
Ce qui me frappe vraiment, c’est le contexte dans lequel se trouve M. Hamissi. A force de pousser les gens dans leurs retranchements – et le moins que l’on puisse dire, c’est que nous avons fait la même chose pour nos compatriotes mahorais –, il n’est pas étonnant qu’ils soient un peu verts.
Le Rassemblement national a passé des années à cultiver son électorat mahorais, qui se nourrit de la pauvreté du département (l’un des plus pauvres de France), de l’immigration clandestine des Comores voisines et d’un sentiment de désertion gouvernementale. Marine Le Pen a connu une campagne présidentielle très réussie en avril 2022.
Pour démontrer encore une fois l’affinité du parti d’extrême droite pour l’archipel, la liste du RN comprend un candidat mahorais. La déclaration de l’ancien chef du parti sur Outremer 1ère disait : “C’est un signal surtout qui est envoyé à Mayotte, de dire pour la première fois historique, il y a un candidat de Mayotte qui va entrer” sur une liste. Un plan de communication qui n’a pas répondu aux attentes.
Samedi dernier, alors qu’elle se trouvait à Mayotte sur le territoire dont elle s’était emparée, Marine Le Pen a annoncé que Saïdali Boina Hamissi avait été désigné candidat aux élections européennes par le Rassemblement national (RN). Après avoir d’abord laissé entendre que le candidat serait “probablement dans une position d’inéligibilité”, la députée du Pas-de-Calais a ensuite souligné qu’elle ignorait “la position exacte” du candidat.
Selon les propos de Marine Le Pen sur La 1ère, il s’agit de l’inclusion de “deux représentants d’outre-mer” aux postes éligibles sur la liste. Le délégué du RN à Mayotte est ainsi le premier Mahorais à figurer sur la liste du parti de la Flamme. C’est une première, c’est historique et je suis heureux”, s’est exclamé le triple candidat à la présidentielle. Cet enthousiasme pourrait être de courte durée si les attaques contre le colistier se multiplient.
Désolé, mais avons-nous pris en compte ce candidat ?
Ce n’est pas un porte-parole du gouvernement, Prisca Thévenot s’est indignée mardi matin sur le plateau de LCI en demandant : “A-t-on pris en compte les valeurs du candidat ?” mardi. Il a enfin exprimé ses frustrations en disant : “je parle de M.
Saidali Boina Hamissi qui a participé à des théories du complot, qui a tenu des propos extrêmement graves et dangereux sur les femmes, sur la prétendue soumission des femmes par rapport à leur conjoint”.
Ce monsieur, visiblement, a une admiration pour Poutine, il soutient la polygamie, et il a des propos extrêmement déshumanisants”, a entendu Marie Guévenoux, la ministre des outre-mer chargée de l’opération “Mayotte place net”, sur Sud Radio. “Ce qui me dérange avec le Rassemblement national, c’est que ce ne sont jamais eux qui sont coupables”, a déclaré l’orateur juste avant de pointer une flèche vers le RN.
Cafards” et “vermine Les affirmations des deux ministres découlent des nombreux posts du Mahorais sur sa page Facebook, rendus publics lundi par le journal Libération. L’homme de 63 ans se moque de la polygamie tout en exprimant ses convictions, comme l’idée selon laquelle “la soumission d’une femme vient naturellement lorsqu’elle se sent aimée, protégée et valorisée (sic) par son mari”.
Dans d’autres communications datant de 2017, le baron local du RN s’en prend aux Comoriens et va même jusqu’à qualifier les habitants d’un quartier de Mamoudzou visé par une opération policière de « vermine » et de « cafards ».
Saïdali Boina Hamissi, qui est également friand de théories du complot, a partagé une vidéo de la page « Panafricanistes » en 2022. Ce magazine croit fermement que le « terrorisme islamique » n’existe pas. Les gouvernements occidentaux, notamment ceux des États-Unis et de la France, embauchent, paient, forment, arment et défendent ces mercenaires.
Des nuances conspiratrices similaires entourent le sujet des vaccins contre la COVID-19 ; les Mahorais n’hésitent pas à critiquer un “business” dont “on risque de mourir” ou à repo er les écrits de Richard Boutry, figure marquante des mouvements anti-vax et complotistes français et ancien journaliste de France 3. Exemple concret : « la distanciation sociale et les gestes barrières sont des concepts inventés, liés au satanisme » selon ce dernier groupe.
Vladimir Poutine, un homme avec une « vision L’adoration du candidat mariniste pour Vladimir Poutine est un autre point sensible du RN, souvent critiqué pour ses liens avec l’Etat russe. Saïdali Boina Hamissi dénonce avec véhémence le soutien de la France à l’Ukraine et qualifie sans crainte le dirigeant russe de « visionnaire » en mars 2022, immédiatement après l’invasion russe.
